arrow_back retour à la liste des articles

Publié le :

3/28/2025

Paul

Statut LMP : fiscalité, conditions et différences avec LMNP

LMP : comprendre le statut de loueur en meublé professionnel

Statut LMP : fiscalité, conditions et différences avec LMNP

Introduction

Le statut de Loueur en Meublé Professionnel (LMP) est souvent méconnu, parfois redouté, mais il peut s’avérer très avantageux dans certaines situations, à condition d’en maîtriser les critères, les obligations et les effets fiscaux. Cet article vous propose un tour d’horizon clair et à jour du régime LMP.

I – Qu’est-ce que le statut LMP ?

Le statut de Loueur en Meublé Professionnel (LMP) désigne un régime fiscal spécifique applicable aux particuliers qui louent un ou plusieurs logements meublés et qui remplissent certaines conditions leur conférant le statut de professionnel au regard de l’administration fiscale.

Contrairement au régime LMNP (Loueur en Meublé Non Professionnel), le LMP entraîne des conséquences fiscales plus poussées, mais offre également des avantages patrimoniaux notables, en particulier en matière de transmission, d’imposition des revenus et de plus-value à la revente.

A) Définition simple et cadre légal

Le LMP n’est pas une forme juridique d’activité, mais un statut fiscal, encadré par le Code général des impôts (CGI). Il s’applique à toute personne qui :
• loue des logements meublés (et non nus),
• en tire des revenus locatifs significatifs,
• et remplit les conditions définies par l’article 155 du CGI.

Il ne faut pas confondre LMP avec les locations meublées à usage touristique (type Airbnb), bien que ces dernières puissent, dans certains cas, relever aussi du statut LMP si elles sont exercées à titre professionnel.

B) À qui s’adresse ce statut ?

Le statut LMP s’adresse en priorité aux investisseurs immobiliers dont les revenus locatifs meublés deviennent une activité principale, notamment :
• les particuliers ayant développé un parc locatif meublé conséquent,
• les personnes souhaitant optimiser leur fiscalité en amortissant leurs biens et en effaçant leurs revenus fonciers classiques,
• ceux qui envisagent la transmission d’un patrimoine locatif, car le LMP permet, sous conditions, l’exonération de plus-values ou de droits de succession.

À noter : le passage en LMP peut parfois survenir par automatisme, sans démarche volontaire, dès lors que les conditions sont remplies (voir Partie II). Il est donc essentiel de comprendre ce régime, même si l’on ne l’a pas activement choisi.

II – Les conditions pour bénéficier du régime LMP

Le statut LMP ne s’applique que si certaines conditions sont remplies. Ces critères sont strictement encadrés par la législation fiscale, et leur non-respect entraîne automatiquement un classement en LMNP. Contrairement à ce que certains investisseurs pensent, il ne suffit pas de le « choisir » : c’est l’administration fiscale qui décide du régime applicable, selon les seuils et obligations en vigueur.

A) Recettes locatives : seuils à ne pas dépasser

Le principal critère repose sur le montant des recettes annuelles tirées de la location meublée. Pour bénéficier du statut LMP, deux conditions cumulatives doivent être réunies :
1. Les recettes locatives annuelles (charges comprises) doivent dépasser 23 000 € TTC.
2. Ces recettes doivent excéder les autres revenus d’activité du foyer fiscal.
• Sont considérés comme revenus d’activité : salaires, pensions, retraites, bénéfices professionnels, revenus agricoles, etc.

💡 Exemple : un couple déclarant 40 000 € de salaires à deux ne pourra être considéré comme LMP que si ses recettes locatives en meublé dépassent 40 000 € (et 23 000 € bien sûr). En dessous de ce seuil, le foyer reste classé en LMNP, même en ayant une activité importante dans l’absolu.

B) Inscription au registre du commerce : toujours obligatoire ?

Jusqu’à la loi de finances 2020, il fallait être inscrit au Registre du Commerce et des Sociétés (RCS) en tant que loueur en meublé pour être considéré comme LMP. Ce n’est plus une obligation depuis 2020.

Le statut devient automatique dès lors que les deux critères précédents sont remplis, sans formalité d’inscription spécifique. Toutefois, une déclaration d’existence auprès de l’administration fiscale reste nécessaire (formulaire P0i ou équivalent), notamment pour bénéficier du régime réel.

À noter : certaines obligations comptables ou fiscales peuvent nécessiter l’intervention d’un expert-comptable, même si vous n’êtes pas immatriculé au RCS.

C) Cas particuliers : cumul avec une activité salariée, revenus mixtes

De nombreux investisseurs se demandent s’il est possible de cumuler une activité salariée ou indépendante avec le statut LMP. La réponse est oui… mais avec des nuances.
• Si vos revenus locatifs meublés dépassent vos salaires, vous passez sous statut LMP, même si vous êtes salarié à plein temps.
• Inversement, si vos salaires restent majoritaires, vous demeurez en LMNP, même si vos revenus locatifs dépassent les 23 000 €.

💡 Il est donc tout à fait possible d’être salarié et LMP, à condition que les seuils soient franchis. Ce passage peut survenir progressivement, sans que vous l’ayez anticipé, ce qui peut impliquer des ajustements comptables ou fiscaux parfois complexes.

III – Les avantages et obligations du statut LMP

Si le statut LMP est perçu comme plus exigeant que le LMNP, il peut aussi se révéler extrêmement avantageux pour certains profils d’investisseurs, notamment sur le plan fiscal et patrimonial. À condition d’en connaître les bénéfices… et les contraintes.

A) Avantages fiscaux : amortissement, déficit reportable, exonération IFI

Le statut LMP permet de bénéficier d’un régime fiscal aligné sur les BIC (Bénéfices Industriels et Commerciaux), avec plusieurs avantages concrets :
• Déduction des charges réelles : intérêts d’emprunt, travaux, frais de gestion, assurances, etc.
• Amortissement comptable du bien (hors terrain), du mobilier et des travaux : cela permet de réduire fortement l’assiette imposable, parfois à zéro sur plusieurs années.
• Déficits imputables sur le revenu global : contrairement au LMNP, les déficits générés dans le cadre du LMP peuvent être imputés sur l’ensemble des revenus du foyer, sans plafonnement, ce qui en fait un outil d’optimisation fiscale puissant pour les contribuables fortement imposés.
• Exonération d’Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI) : les biens loués sous statut LMP peuvent être considérés comme des biens professionnels et exclus de l’assiette de l’IFI, sous conditions.
• Exonération de plus-value à la revente : au bout de 5 ans d’activité et si les recettes sont inférieures à certains plafonds (90 000 € de CA HT), la plus-value sur la vente d’un bien LMP peut être exonérée d’impôt.

Ces avantages font du LMP un statut recherché par les investisseurs patrimoniaux ou ceux qui veulent préparer une transmission immobilière à moindre coût fiscal.

B) Comptabilité, déclaration, régime réel obligatoire

Les contreparties de ces avantages sont principalement comptables et administratives :
• Régime réel obligatoire : contrairement au LMNP qui permet d’opter pour le micro-BIC, le LMP impose le régime réel, ce qui nécessite une comptabilité complète (bilan, compte de résultat, amortissements…).
• Tenue d’une comptabilité commerciale : bilan annuel, livre journal, grand livre… généralement confiée à un expert-comptable.
• Déclaration spécifique via une liasse fiscale (2031) transmise à l’administration.
• Dépôt de la déclaration de début d’activité (P0i) en cas de première mise en location meublée.
• Tenue d’un registre des immobilisations et suivi des amortissements.

💡 Ces obligations rendent souvent l’accompagnement d’un professionnel (expert-comptable ou cabinet spécialisé) indispensable, ce qui engendre des coûts, mais aussi une meilleure sécurisation du montage fiscal.

C) Transmission du patrimoine et plus-value à la revente

Enfin, le LMP peut être un outil de transmission patrimoniale particulièrement avantageux :
• En cas de donation ou succession, et sous certaines conditions, les biens relevant du statut LMP peuvent bénéficier d’exonérations partielles ou totales de droits.
• La plus-value professionnelle applicable en LMP peut être exonérée totalement si :
• l’activité est exercée depuis plus de 5 ans,
• les recettes locatives sont inférieures à 90 000 € HT,
• et le bien est vendu dans le cadre de l’activité.

Ces conditions ne sont pas toujours réunies, mais l’effet de levier fiscal peut être significatif, surtout pour les investisseurs sur le long terme.

IV – LMP vs LMNP : quelles différences concrètes ?

Si le statut LMP attire par ses avantages fiscaux, il est souvent comparé à son “cousin” plus répandu : le LMNP (Loueur en Meublé Non Professionnel). Ces deux régimes relèvent des BIC (Bénéfices Industriels et Commerciaux), mais présentent des logiques et obligations différentes, qui influencent le choix de l’investisseur selon ses objectifs.

A) Régime fiscal, seuils, obligations : les points de divergence


B) Pour quel type d’investisseur chaque statut est-il adapté ?


LMNP convient aux investisseurs souhaitant :
• débuter avec un bien meublé,
• profiter d’un régime fiscal simple (micro-BIC),
• limiter les obligations comptables,
• percevoir un revenu complémentaire sans fiscalité lourde.

LMP est adapté aux profils qui :
• génèrent des revenus locatifs importants,
• souhaitent effacer leur impôt via les déficits,
• envisagent une stratégie patrimoniale structurée (transmission, revente),
• sont prêts à assumer une comptabilité complète et un suivi fiscal plus technique.

En résumé, le choix entre LMP et LMNP dépend du volume d’activité, de la fiscalité personnelle, et de l’horizon d’investissement (court terme ou transmission).

V – Ce qu’il faut retenir avant de se lancer en LMP

Le statut LMP peut être une formidable opportunité fiscale, mais il n’est ni automatique, ni anodin. Avant de s’y engager – ou de s’y retrouver par effet de seuil – il est essentiel de comprendre les impacts à court, moyen et long terme sur sa fiscalité et sa stratégie patrimoniale.

A) Des avantages puissants… mais exigeants

Le LMP offre des atouts que ne permet pas le LMNP :
• la déduction illimitée des déficits sur le revenu global,
• l’exonération d’IFI possible,
• la sortie de plus-value avantageuse en cas de conditions remplies,
• et une logique patrimoniale optimisée.

Mais ces avantages impliquent :
• une comptabilité commerciale obligatoire,
• des coûts d’accompagnement accrus (expert-comptable, fiscaliste),
• une charge administrative plus lourde,
• et parfois une exposition accrue à l’aléa fiscal, en cas de mauvaise gestion.

Autrement dit : plus de levier, mais plus de rigueur.

B) Savoir anticiper son basculement ou son arbitrage

Le statut LMP n’est pas toujours choisi : il peut s’imposer à vous si vos revenus locatifs dépassent les seuils. Il est donc primordial de :
• suivre annuellement ses recettes locatives,
• comprendre les implications d’un passage en LMP (changements comptables, déclarations, etc.),
• et éventuellement anticiper ce changement pour adapter sa stratégie (choix du bien, régime réel dès le départ, etc.).

En parallèle, certains investisseurs peuvent choisir volontairement de basculer en LMP, non pas par obligation, mais pour profiter des avantages offerts sur la fiscalité et la transmission. Ce choix nécessite une analyse approfondie, car il peut avoir des effets en cascade sur d’autres composantes du foyer fiscal.

Conclusion

Longtemps perçu comme un régime réservé à quelques initiés, le statut de Loueur en Meublé Professionnel s’est démocratisé au fil des années, notamment avec l’évolution des seuils de recettes et la suppression de l’obligation d’immatriculation au RCS. Il reste pourtant un régime exigeant, qui ne s’improvise pas. D’un côté, il offre des avantages puissants : amortissement, exonération potentielle d’IFI, imputation des déficits sur le revenu global, et un régime de plus-value professionnelle parfois bien plus avantageux que celui des particuliers. De l’autre, il impose rigueur, transparence, et une comptabilité sans approximation.

Le LMP n’est pas un simple levier fiscal : c’est un outil à part entière de stratégie patrimoniale. Il s’adresse à celles et ceux pour qui la location meublée devient un axe majeur de revenus ou de structuration successorale. Mais c’est aussi un statut qui peut survenir sans qu’on l’ait anticipé, par simple franchissement de seuils. Il mérite donc d’être compris, surveillé, parfois évité, ou pleinement assumé.

Choisir entre LMNP et LMP, ce n’est pas seulement choisir un régime d’imposition. C’est définir une trajectoire. Une manière d’envisager son patrimoine, ses revenus futurs, et la place que l’on souhaite donner à l’immobilier dans sa vie financière. Il ne s’agit pas de se hâter vers le plus optimisé, mais de viser le plus cohérent.

Préparez votre avenir en toute sérénité.
Lokey s'occupe de votre projet.

Prenez rendez-vous dès maintenant avec notre équipe pour préparer votre projet.

calendar_today Réserver un rendez-vous

Ces articles peuvent vous intéresser...

Découvrez nos articles sur l'investissement locatif: guides, conseils, stratégies.
Où investir à Rouen en LCD ? Classement 2025
Découvrez les rues les plus rentables de Rouen pour investir en Airbnb ou location saisonnière. Analyse quartier par quartier pour maximiser votre rendement.
Amélioration de Propriétés
Analyse des Quartiers
Conseils d'Investissement
Défis de l'Investissement Locatif
Diversification Immobilière